L’automne qui donne des vertiges

L’automne qui donne des vertiges

J’adore courir l’automne! Précisément en ce moment magique que le soleil se lève et que la ville est encore endormie, au ralenti. Quel moment magique ! Le vent prend son temps et le soleil envoie une lumière multicolore dans le ciel. J’ai l’impression, chaque fois, que le temps s’arrête et que tout devient possible, que je suis Forest Gump qui part traverser l’Amérique ! Sans montre et sans musique, j’ai redécouvert le plaisir de courir en ce beau matin d’octobre.

Eh oui ! J’ai enfin pu rechausser mes espadrilles après un mois d’arrêt. Alors que je me remettais d’une grippe, j’ai commencé à ressentir des étourdissements. Comme j’ai déjà eu une labyrinthite dans le passé et que les symptômes étaient semblables, je me suis autodiagnostiquée le même trouble en me disant qu’avec un peu de repos, tout allait rentrer dans l’ordre. Mais non ! J’ai dû annuler certains engagements, ce qui est une décision très difficile à prendre quand on est travailleur autonome.

Je passe plusieurs semaines ainsi sur mon « navire » solitaire et invisible. Je ressens souvent des nausées. Parfois, je dois faire les gestes plus lentement, m’arrêter. Je suis incapable de réaliser certaines postures de yoga. Courir, on n’y pense même pas. Je ne compte plus les fois où je suis sortie de la maison en disant : « Bye, chéri, je vais courir. » et suis revenue après avoir couru pas plus de 800 mètres. Quelle frustration !

L’effet de mes vertiges m’étant insupportable, je décide donc d’aller consulter en clinique. Après quelques tests neurologiques, je reçois le diagnostic : vertige positionnel bénin, avec de potentiels cristaux dans l’oreille. Une feuille avec un petit exercice à faire. Je m’y mets immédiatement, en me disant que je prendrais du mieux… et vite. Une semaine plus tard, je constate bien peu d’améliorations.

Les effets du manque d’entraînement commencent à se faire sentir. Je suis triste et manque de patience. Je marche, je marche, mais c’est LOOOONG marcher ! Je marche en forêt : c’est magnifique me direz-vous. Malheureusement, c’est trop de stimulation pour mon cerveau et j’ai peur de tomber. Je dois donc me contenter de faire du yoga doux et de lire.

Je suis entraîneur en course à pied et je ne peux plus courir. Je suis prof de yoga et je n’ai plus d’équilibre. Quelle leçon d’humilité !

Lors d’un cours, une participante me recommande de consulter un physiothérapeute : certains sont spécialisés dans ce type de problème. Bonne nouvelle : une physio que je connais est justement formée pour cela. Elle me voit rapidement. Yé !

La pétillante Élise me fait passer plusieurs tests et trouve enfin ce que j’ai : déséquilibre vestibulaire. À la fin de mon traitement, elle me prévient : « Pour les 2 prochains jours, tu m’aimeras pas ». Le mot est faible. Je suis tellement maganée que je ne peux plus conduire et qu’une amie doit venir me chercher. Je ne suis plus fonctionnelle du tout.

Elle me donne des exercices très précis qui vont reproduire mes vertiges. GÉNIAL ! Le comble : je dois me reposer. C’est qu’après plus de 3 semaines, mon cerveau n’en peut plus de pallier mon manque d’équilibre. Mais j’ai tant de projets qui m’attendent! Je relis sa prescription : « repos et sieste 1 à 2 fois par jour. » Ouf ! Really?

Me voilà une semaine plus tard. Je vais vraiment mieux et j’ai retrouvé une certaine stabilité. Je suis sortie tôt dans l’espoir de profiter du magnifique matin et de faire un tour de rue. Je pars lentement : j’ai le pas lourd, pas très fluide. Pas facile ! Mais il fait beau et je me sens bien. Je cours enfin ! Je continue un peu plus loin et plus loin encore. Savez-vous quoi ? Je suis fière d’avoir réussi à parcourir environ… 2 km.

C’est difficile de s’avouer que, parfois, on ne peut pas tout contrôler, que notre corps ne nous amène pas là où on veut être. Avant, j’étais toujours très fâchée contre moi d’être malade ou blessée. Maintenant, je me dis que je suis ici, maintenant, encore en vie ! Je m’étais donné comme objectif, au début septembre, de refaire des longues sorties d’ici Noël. Ce sera probablement plus long comme parcours, mais j’aurai encore plus de satisfaction à le faire. Après tout, je n’ai que 41 ans !

 

 

Auteur

Mireille Massé

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