YoGARS

YoGARS

Depuis mes débuts dans la pratique du yoga pour coureur et sportif, mon chum me répète : « Tu ne devrais pas appeler cela yoga, ça fait peur aux gars. » Je suis forcée d’admettre qu’il a raison. Voici mon analyse de la situation.

L’origine du yoga

Le yoga trouve son origine dans les textes anciens. Il y a plus de 5 000 ans, Patanjali a écrit les Yoga Sûtras, un recueil qui a donné naissance à la structure classique du yoga. En Inde, la pratique du yoga fait partie intégrante de sa culture. Saviez-vous qu’au début, c’était surtout les hommes qui le pratiquaient et que les femmes étaient excluses? De génération en génération, ils ont fait évoluer la discipline et fondé des écoles de pensée ayant leur propre philosophie : karma yoga, jnana yoga, bhakti-yoga, hatha yoga et ashtanga yoga.

Yoga moderne

Au 19e siècle, le yoga perce en Europe dans certains milieux intellectuels français. Ensuite, après la Deuxième Guerre mondiale, il s’installe aux États-Unis. La discipline gagne en popularité grâce, entre autres, aux membres des Beatles (encore des hommes !) qui en sont des adeptes. Ils se sont même réunis dans un ashram en Inde pour régler leurs conflits et écrire un album. Le yoga moderne est basé sur une pratique des postures et de la respiration, le côté philosophique n’ayant pas suivi dans certains types de yoga. En effet, la pratique occidentale du yoga se veut une ode à la performance, à qui fera la posture sur la tête digne du Cirque du Soleil. Cette façon d’aborder le yoga est souvent, et malheureusement, véhiculer par une élite de femmes très élégantes et habillées sexy. C’est tout à fait à l’opposé de l’essence même du yoga. Pas évident aussi pour un GARS de s’y sentir à l’aise !

Ma vision du yoga

Pour moi, la pratique du yoga est sans jugement et sans compétition. Tu t’installes sur ton tapis, tu trouves TA zone de confort, tu augmentes TON bien-être et tu respectes TES limites. Ces principes si simples sont difficiles à suivre dans le monde de performance dans lequel nous vivons. C’est pourquoi je me fais un devoir de les rappeler chaque séance. J’invite toujours les participants à prendre une posture appropriée pour eux. Personne ne devrait maltraiter son corps en faisant l’exercice.

Mais où sont les gars ?

Même les gars qui me connaissent depuis longtemps sont encore sceptiques quant aux vertus du yoga. « Mireille, je ne peux pas aller dans ton cours ; je ne suis pas souple, moi. » Cette excuse, messieurs, c’est n’importe quoi ! Pas besoin d’être souple pour faire du yoga. « Tu devrais l’appeler autrement ! » affirment d’autres. Je peux changer le nom de ma classe et l’appeler entraînement fonctionnel, par exemple. N’empêche que j’enseigne l’essence même de ce que le yoga veut apporter au monde moderne : prendre soin de soi et de son corps.

Les hommes représentent environ 30 % de ma clientèle. Voici ce que l’un de mes participants m’a avoué dernièrement : « Je suis encore gêné de dire que je viens faire du yoga avec toi. Je commence juste en à parler à mes amis. » Les gars, plus vous parlerez des bienfaits que le yoga vous procure, plus vos « chums » voudront l’essayer… et l’adopter.

Allez, qui est game ?

Merci à Patrick Leblanc mon modèle homme et la photographe Danielle Pichette de C-Créatif

Auteur

Mireille Massé

Comments ( 2 )

  • Hélène Pelletier

    Tout à fait d’accord! De plus, les gars qui veulent travailler la force et l’endurance trouveront beaucoup de postures qui proposent des défis très intéressants. Le yoga est une discipline qui s’adapte à toutes les catégories de pratiquants. Les personnes en perte d’autonomie jusqu’aux athlètes de hauts niveaux, tous y trouvent ce qui leur convient. D’ailleurs, la plupart des équipes de hockey de haut niveau propose et même impose des séances d’entraînement et d’étirement à leurs joueurs qui ressemblent étrangement aux séances de yoga…

    • Mireille Massé

      Merci Hélène tu as parfaitement raison!

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